Environnement

 
 

juillet 2013

Malgré un développement économique intense et une forte poussée de l'urbanisation, l'Isère conserve des milieux intacts, à l'abri des convoitises et des infrastructures de déplacement faisant ainsi écho à Stendhal, Claudel, aux peintres dauphinois qui ont pu les qualifier, suivant leur tempérament et leur sensibilité d'exceptionnels voire de sublimes.
Collines et montagnes, lacs, étangs, mares, rivières et fleuve, forêts feuillues et résineuses, larges plaines limoneuses composent ce cadre de vie contrasté hérité d'une histoire géologique complexe qui mêle calcaires, granits, schistes... modelés et rabotés par les glaciers, laissant de leur passage des dépôts morainiques et alluvionnaires qui permettent d'évaluer la hauteur de ces fleuves de glace du quaternaire.
La cigale qui chante aux portes de Grenoble ouvre ses ailes au soleil ; la rainette méridionale fréquente les zones humides du Grésivaudan.
A Chamrousse, le pin cembro en limite occidentale de son aire de répartition souligne de ses frondaisons bleu vert les ourlets montagneux de Belledonne (Belladonna) la belle dame vers laquelle s'échappent nos regards jamais lassés de cette perspective à la fois si proche et si lointaine ; tandis que le long du Rhône et de l'Isère, la forêt alluviale reste un objet d'émerveillement par la richesse de son milieux.
Une topographie  également variée, un étagement altitudinal de 3 800 m, une climatologie  qui décline son caractère continental, montagnard, méditerranéen introduisent dans les grands ensembles structuraux du département des variations supplémentaires, des nuances appréciées par le forestier, le botaniste, le chasseur ; ici sur les adrets, de l'amélanchier et du pin à crochet qu'apprécie la discrète perdrix bartavelle, ailleurs une puissante forêt de conifères refuge des Chartreux et océan de silence.
Plus loin et plus haut les pelouses fréquentées en été par les moutons transhumants et par les chamois. Enfin les rochers et les neiges éternelles, terres désolées du lagopède, mais bastions de l'alpinisme et du tourisme hivernal développé au sein des plus grandes stations françaises.

Cette préservation du patrimoine bénéficie désormais d'une plus grande prise en compte.

Les principales étapes

1973 : création du Parc national des Écrins  (1/3 Isère - 2/3 Hautes-Alpes) qui succède au Parc national de Pelvoux (1913 - 11 000 ha) et couvre avec sa zone cœur de parc plus de 34 000 ha sur 7 communes de l'Oisans.
1985 - 1997 : à l'initiative de la Direction départementale de l'agriculture de l'Isère qui a dirigé et conduit le processus d'élaboration de tous ces projets, création des réserves naturelles  nationales du Vercors (1985), de la Platière (1986), du lac Luitel (1991), du Grand-Lemps/Châbons (1993), des Hauts de Chartreuse (1997) correspondant à une surface protégée par décrets d'environ 15 000 ha.

Parallèlement, la parution en 1985 du catalogue des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique  (ZNIEFF 1ère génération) résultant d'un travail d'inventaire Faune Flore mené sous l'égide du Muséum national d'histoire naturelle par la DIREN Rhône-Alpes a permis de focaliser l'attention des aménageurs et des naturalistes sur des espaces considérés comme moins prestigieux. Rénové et modernisé, cet inventaire, dont la validation s'est achevée en 2010/2011, répertorie pour l'Isère presque 600 ZNIEFF de type I (représentant environ 146 000 ha de grand intérêt biologique ou écologique) et plus de 30 ZNIEFF de type II (couvrant environ 448 000 ha de grands ensembles naturels riches et peu modifiés, offrant des potentialités biologiques importantes).
L'inventaire des zones humides  supérieures à 1 ha réalisé de 2006 à 2008, enjeu majeur du département pour la qualité et la quantité des eaux superficielles et la diversité biologique des milieux humides, se précise et s’actualise maintenant en continu. 

A citer également l'ensemble des 52 arrêtés préfectoraux de protection de biotope (APPB ). Initiée en 1984 (marais de la Verronnière à Paladru), cette démarche se poursuit aujourd'hui avec la même volonté de sauvetage face aux menaces (remblaiement, curage) qui pèsent toujours sur ce type de milieux.
Enfin, la politique européenne de l'Environnement concrétisée, pour la sauvegarde de la nature et le maintien de la biodiversité, par les directives Oiseaux (1979) et Habitats (1992), s'exprime également en Isère avec 23 sites différents proposés à la Commission européenne pour être intégrés au réseau Natura 2000 au titre des zones biogéographiques continentale et alpine.
 Ces espaces emblématiques (8% du territoire) occupent une position privilégiée dans l'aménagement du territoire et la gestion de l'espace.
 Ils constituent aussi des territoires de référence et d'expérimentation pour la politique agricole commune à travers des mesures agro-environnementales  territorialisées pour accompagner les efforts des usagers de l'espace vers un mieux disant environnemental explicite et contrôlé.