Agriculture

 
juillet 2013

Une agriculture soumise à concurrence

L’expansion urbaine et industrielle, les réseaux et les infrastructures sont fortement consommateurs d’espace. Le relief contraignant accentue la concentration spatiale de ces aménagements en exacerbant les pressions sur les milieux naturels et la concurrence sur l’utilisation des sols et le marché foncier. Les effets induits sur l’agriculture et l’environnement, qui font aussi l’attrait du département, peuvent être irréversibles.

En 2010 la surface agricole utilisée (SAU) occupe 241 300 hectares auxquels s’ajoutent 35 200 ha d’alpage soit 35 % du territoire. Environ 4 % des espaces agricoles ont disparu en dix ans. Le territoire agricole se situe pour 45% en zone de montagne ou de piémont et les véritables plaines faciles à cultiver représentent environ 40 000 hectares, soit 12 % de la surface agricole. Le fermage représente 75 % du mode de faire valoir des terres agricoles (hors pacages collectifs).

La surenchère du foncier place souvent l’agriculture dans une attitude de défense. La maîtrise de la péri-urbanisation, le maintien d’une agriculture pérenne et viable et la qualité de l’environnement constituent les préoccupations majeures du sillon alpin.
L’agriculture, diversifiée et bien présente malgré la diminution constante du nombre de ses exploitants, abandonne progressivement certains espaces non mécanisables. Face aux attentes de la société, elle développe aussi de nouvelles pratiques agricoles, notamment agroenvironnementales.

Une mosaïque de productions

La diversité géographique et climatique de l’Isère contribue à une grande variété de productions.

Les grandes cultures céréalières, principalement situées dans les plaines au nord, occupent de façon stable depuis dix ans 82 000 ha (34% de la SAU). Les surfaces réservées à la production d’oléagineux diminuent. Les surfaces en fourrages et toujours en herbe sont globalement stables (52 % de la SAU). Elles sont le support de l’élevage encore très présent en Isère.

Le cheptel bovin (156 000 têtes), et notamment le troupeau de vaches laitières, ainsi que les cheptels caprins et porcins ont légèrement diminué ces dix dernières années. Par contre, le cheptel des brebis nourrices et laitières a nettement augmenté. L’élevage est globalement en baisse mais il reste néanmoins important et se concentre sur un nombre moindre d’exploitations.

Sur cette période, les surfaces en cultures de plantes industrielles (tabac, semences grainières...) ont été divisées par deux. Les cultures permanentes occupent de faibles superficies (4 % de la SAU). Toutefois, la noix de Grenoble dans le Sud Grésivaudan représente 7 600 ha de noyers (1/3 de la surface nationale). Les cultures fruitières sont présentes dans la vallée du Rhône et sur le plateau de Louze.

Les exploitations se caractérisent également par une forte diversification des activités (tourisme rural, vente directe, travaux à façon...).

La récolte de bois en Isère s’élève à 450 000 m3 en 2010 (1er rang régional) avec 63 % de bois d’œuvre, 18 % de bois d’industrie et 19 % de bois énergie (hors autoconsommation). La production de bois énergie a été multipliée par 1,7 depuis 2006.

Baisse de la main d’œuvre agricole familiale, un salariat en progression

11 300 actifs permanents travaillent dans les 6 300 exploitations agricoles de l’Isère (recensement 2010). Les chefs d’exploitations et coexploitants représentent les 2/3 de cette population, les autres sont des salariés présents surtout dans les exploitations de maraîchage et d’horticulture (2/5 ème des salariés permanents).

Entre 2000 et 2010, la main d’œuvre agricole familiale, hors chefs et coexploitants est passée de 23 % à 15 % du volume de travail, alors que le nombre de salariés permanents et saisonniers s’accroît de 17 % à 22 % pendant cette même période. Ces chiffres confirment que l’agriculture en Isère se professionnalise.

Les exploitations s’agrandissent et se spécialisent

Les petites exploitations disparaissent (- 35 % sur 10 ans) au profit des grandes exploitations (+ 12% sur 10 ans). La SAU moyenne par exploitation progresse de 29 ha en 2000 à 38 ha en 2010. Les moyennes et grandes exploitations représentent 48 % de l’ensemble des exploitations isèroise. Leur surface moyenne est de 68 ha.

Les exploitations utilisent de plus en plus les circuits courts comme mode de commercialisation (¼ des exploitations et 42 % des petites exploitations).

Le revenu stagne malgré la diversification

La production totale s’élève en 2011 à 563 millions d’euros dont 60% pour les productions végétales, 33% pour les productions animales et 7% pour les services. 
La surface moyenne des exploitations iséroises (moyennes et grandes) est plus étendue que la moyenne régionale, alors que la dimension économique de ces exploitations est inférieure à la moyenne régionale.
Ces résultats présentent de grandes disparités. Il est intéressant de signaler que :
-les producteurs de fruits connaissent des difficultés depuis dix ans (gel, grêle et mévente des fruits) se répercutant sur le revenu par actif,
-la pluri-activité se développe chez les chefs d’exploitation (30 %), mais aussi l’emploi extérieur pour les autres membres de la famille générant ainsi des revenus complémentaires ; non intégrés au revenu de l’exploitation agricole, ils participent largement à l’équilibre du budget familial,
-l’agriculture iséroise ouverte sur les marchés de proximité, résiste mieux aux crises conjoncturelles.

Sources : Agreste Rhône-Alpes-Coup d’oeil n°129, Recensement Agricole 2010, nov 2011

Pour en savoir plus : www.agreste.agriculture.gouv.fr

Fiches statistiques sur l'agriculture "RA 2010" à l'échelle des intercommunalités de l'Isère.